Jeanne du Métro / Purification ethnique / Répétition permanente

Vidosav Stevanović.

13,00 € l'unité

Vidosav Stevanović
Collectif
serbe
France, Serbie
1993-2002
Oeuvre dramatique
indéfini
-
168
Avec le concours du Centre français du Livre (CNL).
2010
9782915037630

Qu’est-ce que l’identité lorsqu’on était yougoslave et qu’on ne l’est plus ? Qu’est-ce que l’identité, lorsque le pays dans lequel on est né a entièrement disparu ? Serbe le père, croate la mère, mais dans l’inventaire du divorce, que sont les enfants devenus ? Comme Jeanne, errent-ils encore dans un métro parisien à la recherche de leur famille ou de leurs amours perdues ? Leur vie ressemble-t-elle encore à une cave sans issue qui métaphorise cet espace sombre de la mémoire des atrocités fratricides que l’on a vécues ? Guerre au théâtre ou théâtre de guerre ? Chez Vidosav Stevanović, le théâtre est devenu le lieu des opérations, où les personnages ne semblent plus représenter que des camps, des parties en conflit. Progressivement, les masques de l’humanité s’effeuillent sur scène. Qu’est-ce donc alors que l’identité ? Créée en 1994 par Philippe Adrien à l’Odéon-Théâtre de l’Europe, Jeanne du métro a été l’un des moments les plus marquants en France de la lutte pour la paix en Yougoslavie.

Répétition permanente se déroule sur la scène d’un théâtre national où se prépare une représentation. L’intrigue met en scène des personnages (deux comédiennes, une femme metteur en scène, le directeur du théâtre et un militaire dont la présence en ce lieu artistique détonne) qui attendent le début des répétitions. Cette situation banale tourne au vinaigre car le spectacle qui se répète ici, n’est pas une pièce mais bien une guerre… Contre la sourde hostilité qui les divise autant qu’elle les unit, ces personnages développent des obsessions qui vont fonctionner comme des refuges : se nourrir, forniquer, avaler ses pilules, boire de l’alcool, regarder la télévision, tuer… Tout est bon pour s’abrutir et oublier un quotidien insupportable. Répétition permanente est une longue métaphore de ce qui se joua en ex-Yougoslavie avant l’explosion de la guerre. La pièce a été présentée, dans la traduction d’Angélique Ristić et une mise en scène de Jean-François Matignon, au Festival off d’Avignon par la compagnie Fraction en 2001, et au théâtre du Radeau au Mans en 2002.

Purification ethnique, largement inspiré du roman L’Île des Balkans, écrite à Paris en serbe en 1994, est un huis clos qui réunit, en pleine guerre, trois membres d’une même famille (le père,la mère et la fille, opposés dans leur identité serbe ou croate), un soldat musulman et un jeune homme considéré par tous les autres comme un chien. Dans la cave où ils sont emmurés, ces personnages nouent et dénouent des alliances. La violence et la haine couvent, puis éclatent. Faim, viol, partage arbitraire de territoires, reniements familiaux, l’auteur recrée dans cette pièce une guerre ethnique à petite échelle.

 

Vidosav Stevanović

Vidosav Stevanović est poète, romancier, essayiste et dramaturge. Son oeuvre est traduite dans une vingtaine de langues. Critique du régime de Slobodan Milošević, ses écrits ont été largement censurés en Yougoslavie. Il a demandé l’asile politique à la France en 1998. Son oeuvre complète est aujourd’hui publiée en Serbie.