Oeuvre dramatique

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L(s)1

Nathalie Bassand

De Kyoto à Paris, en passant par Lahore et l’Atlas, trois tableaux où des destins de femmes se déploient dans une danse de mort. La petite L., fille d’un diplomate espagnol tombé en disgrâce, traverse la première pièce en silence, privée de parole. Ce sont ensuite deux Pakistanaises exilées à Paris qui dialoguent dans un appartement, la nuit. Sur fond de non-dits, de soupçons et d’accusations à peine voilées, l’une d’elles convoque sur scène les fantômes du passé en racontant à l’autre l’étrange transaction qu’elle a conclue avec un homme. Dans le contexte apocalyptique du troisième volet, deux femmes sont confrontées à leur destin, à l’obligation de faire un choix dont l’issue est incertaine. L’écriture de Nathalie Bassand joue volontiers avec le registre fantastico-poétique. Elle repose sur l’incomplétude, et le trouble qui en découle. Dans ce triptyque en forme de poème dramatique, il est question de l’humain tombé en disgrâce, de l’esprit dévoyé qui s’est détourné de sa nature divine originelle. Chacun des textes propose une variation sur le thème de la violence, manifestation et conséquence inévitable de l’état de disgrâce. La violence et son cortège d’attributs : l’impunité, la perte, de soi, de l’autre, la vengeance, la folie des femmes sont autant de motifs qui traversent l’écriture de Nathalie Bassand de manière récurrente. L(s)1 a reçu le prix Jean-Jacques Lerrant 2015, décerné par les Journées de Lyon des auteurs de théâtre.

 

19,00 € l'unité
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Le Président vient te voir ce soir / Le Monde de Tsitsino / La Maman de Poutine

Lasha Boughadzé

Ces trois textes de Lasha Boughadzé sont une réaction poétique et ironique aux conflits dans le Caucase, de la Tchétchénie à la Géorgie. Comme à son habitude, l’auteur s’empare de la réalité pour imaginer une fantaisie absurde et drôle, farfelue et rythmée. La nuit de l’attaque, le Président géorgien tente de se cacher chez ses concitoyens pour échapper aux bombardements russes, mais finit par atterrir au beau milieu d’une émission de téléréalité en direct. Tsitsino est une sorte de Jeanne d’Arc géorgienne, qui entend des voix lui ordonnant de mettre fin à la guerre en Tchétchénie, nouvelle qui reçoit un accueil mitigé. Mais son destin est bouleversé lorsqu’elle réussit à désarmer un terroriste et dorénavant, chacun croit en elle comme au messie. Inspiré d’un fait réel, La Maman de Poutine est le monologue d’une Babouchka géorgienne qui prétend être la mère du président russe, peut-être parce que Staline était natif du pays. L’auteur réinvente ici ce personnage, qui ressasse l’histoire de cette satanée frontière qui se déplace tout le temps, et finit par tomber dans un fanatisme glaçant.

 

15,00 € l'unité
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N.I.M.B.Y. / Dialogue avec un calendrier bulgare

Véronika Boutinova

N.I.M.B.Y. : à Calais, Jean-Bert loue sa chiotte-douche aux migrants de passage, profitant de la misère des étrangers pour adoucir un tant soit peu la sienne ; c'est dans cette pièce sordide qu'il assistera malgré lui à l'accouchement d'une réfugiée africaine. Dialogue avec un calendrier bulgare : un quinqua solitaire discute avec la femme dénudée d'un calendrier érotique, qui prendra bientôt chair pour le supplier de lui faciliter l'obtention de la nationalité française. Veronika Boutinova est une auteure du lieu : ses personnages en errance cherchent un endroit où vivre bien. Ces deux pièces nous parlent aussi de l'accueil fait en France à des hommes, des femmes en quête d'un quotidien banal et sécurisant. Les situations sont rudes, les relations humaines rugueuses, pourtant il se dégage des pièces de l'auteur et de sa langue poétisée un humour tenu, grinçant, et surtout un souci d'humanité, un appel à la lucidité et à l'altruisme.

11,00 € l'unité
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Remontée

Gagik Ghazareh

Hallucination, extase, frénésie, ou une combinaison de tout cela ? Ce scénario scénographique est construit comme une mosaïque de tableaux contradictoires, dans un espace-temps mouvant, habité de déplacements arbitraires et de strates allégoriques de second plan qui détournent de l’action principale. Le héros, protéiforme et universel, s’efface. Le récit se fait parfois document, hybride foisonnant par sa structure et par sa forme.
Remontée est sans contexte un objet théâtral étrange et complexe. Les répliques, comme orphelines, ne sont pas affectées à un personnage. Le temps est insaisissable, tantôt plongeant jusqu’au tréfonds des âges, tantôt éclatant d’actualité. Une procession funèbre nous fait cheminer, au son du doudouk, entre un cimetière, une boîte de nuit, une université, les sous-sols du KGB... Et, comme un incessant rappel, assourdissant : « A, Ar, Ara, Armen, Arménie, Araxe, Ararat… »

 

25,00 € l'unité
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Le Spectateur condamné à mort / Mais, maman, ils nous racontent au deuxième acte ce qui s'est passé au premier / Les Chevaux à la fenêtre / Mais qu'est-ce qu'on fait du violoncelle ? / Théâtre décomposé ou l'homme-poubelle

Matéi Visniec

Voici enfin réunies en un seul volume les dernières pièces écrites par Matéi Visniec dans son pays d’origine, la Roumanie, avant qu’il ne la quitte en 1987, et les premières qu’il a écrites en France. Une anthologie qui tient lieu d’arc dans le temps, reliant une période très sombre et le début d’une reconstruction, pour un théâtre à la frontière entre deux langues et deux cultures, entre deux mondes et deux époques historiques. Si les relations entre l’individu et le pouvoir, ainsi que la dénonciation de toute forme de manipulation idéologique, y sont des thèmes récurrents, l’écriture de la période roumaine fait se côtoyer fable philosophique, métaphore et allégorie, quand, en France, l’auteur choisit une écriture fragmentaire et un travail sur la dimension abyssale du mot. Un théâtre qui agit comme un passeur, nous aide à décrypter le monde comme à plonger en nous-mêmes, tout en gardant intactes autant sa fraîcheur poétique que sa force de frappe sociale.

 

12,00 € l'unité
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Kichinev 1903

Haïm Nahman Bialik,Zohar Wexler

Kichinev 1903 raconte les journées des 6 et 7 avril 1903, dernier jour de la fête de Pessah et jour de la Pâque orthodoxe, théâtre d’un terrible pogrom à Kichinev, alors dans l’Empire russe. Pogrom qui a tué une cinquantaine de Juifs et en a blessé plusieurs centaines d’autres. Le monde en fut scandalisé. Haïm Nahman Bialik est envoyé sur place pour recueillir les témoignages des survivants. Bouleversé, le jeune poète, père fondateur de l’hébreu moderne, écrit Dans la ville du massacre, un cri de rage qui enjoint aux Juifs de prendre leur destin en main et de défendre leur dignité d’homme. Un siècle plus tard, Zohar Wexler fait ses premiers pas dans la ville de naissance de ses grands-parents. Du voyage naît un spectacle en deux parties, un récit intime et le poème légendaire, qui sera créé en 2010, à la Maison de la Poésie à Paris.

 

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Les Monologues de Gaza

Iman Aoun

À l'hiver 2008-2009, l'opération militaire israélienne « Plomb durci » dans la bande de Gaza conduit à la mort de centaines de Palestiniens, dont de nombreux enfants. Deux ans plus tard, le théâtre Ashtar offre une tribune aux voix de jeunes Gazaouis qui ont vécu les violences de la guerre et de l'injustice. Un atelier d'écriture, trente-trois expériences de vie pour surmonter la déshumanisation systématique engendrée par l'oppression permanente. Et quand la colère et la frustration se transforment en espoir et en changement, c'est un tout nouveau monde qui se révèle. Le théâtre Ashtar a été créé en 1991 à Jérusalem par deux comédiens palestiniens, Edward Muallem et Iman Aoun. Implanté aujourd'hui à Ramallah, il propose des formations théâtrales intensives à la jeunesse locale, et se positionne clairement en agent du changement en Palestine. Mis en scène en 2010 par Ali Abu Yasin, Les Monologues de Gaza ont été très largement présentés à travers le monde

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La Gorge

Žanina Mirčevska

"..." a faim. "..."est un chauffeur de bus au chômage, en errance dans la forêt. Chacune de ses rencontres renforce inéluctablement sa boulimie obsessionnelle. Ses absorptions compulsives et symboliques, de la gorge à l'estomac, lui font avaler jusqu'à son nom, puis, jeté dans une spirale infernale, envisager de se dévorer lui-même ! Grâce à une écriture rythmée, scandée, passée au hachoir, Žanina Mirčevska interroge ici l'avidité, la recherche insatiable du plein, le désir impossible à assouvir, le vertige monstrueux de la consommation. Elle nous envoie à l'illusion de notre condition, à l'absurdité existentielle de l'homme des temps modernes.

 

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Cunégonde en Carlaland

Venko Andonovski

Le monde est un asile psychiatrique. Une Macédonienne, Cunégonde, promise au Français Candide, se rend à Carlaland. Elle y découvre la société froide, pragmatique et rationnelle de l’Occident, pays de cocagne illusoire où les fous se promènent où bon leur semble. Venko Andonovski, qui questionne la justice et la folie, veut réveiller les Macédoniens de leur rêve de départ vers un eldorado fantasmagorique et les ramener dans leur jardin afin qu’ils le cultivent enfin. Une pièce ironique et insolente traversée par un comique grotesque entre humour blanc et satire noire, rythmée par les apparitions du philosophe Michel Foucault et les emprunts savoureux à la célèbre pièce de Voltaire. Un miroir à double face où l’Europe et la Macédoine se regardent l’une l’autre.

15,00 € l'unité
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Černodrinski revient à la maison

Goran-Stefanovski

C’est une pièce sur un personnage Qui-N’Est-Pas-Là, et qui est pourtant le personnage principal. Il est omniprésent et brille par son absence. Il ne s’agit pas d’un anonyme ni d’un inconnu. Au contraire, il s’agit de Vojdan Černodrinski, l’un des fondateurs du théâtre macédonien, dont la biographie est aussi riche et tumultueuse que les événements qu’il a vécus. Černodrinski revient à la maison suit les traces profondes et magnétiques que le célèbre dramaturge a laissées dans l’inconscient collectif. Avec une structure en fragments, un style direct et plein d’humour, une galerie de personnages confrontés à des situations ubuesques, Goran Stefanovski nous emmène ici bien plus loin que le simple hommage, au point que chacun pourra, par-delà les nationalités et les générations, reconnaître son propre Černodrinski.

 

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Jusque dans les chiottes

Yoann Lavabre

Prise d’otages spectaculaire ou spectacle d’une prise d’otages ? Cette histoire, tout le monde la connaît. C’était en 2002. Un commando de séparatistes tchétchènes prit en otages les spectateurs d’une comédie musicale au théâtre de la Doubrovka à Moscou. Mais pourquoi un théâtre ? Ces combattants désespérés (et donc dangereux) d’une cause oubliée se placent là où nul ne peut plus les ignorer, dans la perspective de prince Vladimir Poutine, qui promit de les « buter jusque dans les chiottes ». Ayant investi les lieux, les rebelles décident d’utiliser l’outil, qui est tombé entre leurs mains, pour ce qu’il est. Et ils vont donc en faire, à leur façon, du théâtre.
Jusque dans les chiottes. Comédie tchétchène (pas toujours très drôle) a obtenu l’aide d’encouragement de la commission d’aide à la création d’œuvres dramatiques du ministère de la Culture en 2005. La pièce a ensuite été lauréate des journées des auteurs de théâtre de Lyon en 2005, puis a remporté en 2009 le concours Nouvelles Écritures organisé par quatre théâtres du Val-de-Marne.

10,00 € l'unité
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Meuh !

Gaga Nakhoutsrichvili,Zourab Kikodzé

Cette vacherie pour marionnettes évoque, en croisant les procédés du conte et du théâtre d'objet, la vie déréglée d'une petite étable géorgienne au XXème siècle. Les vaches que nous y croisons, paysannes ou intellectuelles, témoignent de leur vie à l'ère soviétique, puis à l'heure de la pérestroïka. Mais cette histoire de traite des vaches ne s'arrête pas là. Jason, le loup, vient bientôt les informer que la petite vache Kétato, qui rêve de devenir danseuse étoile, est en danger de mort. « Ils » vont venir pour l'abattre. Une seule solution pour le troupeau : la fuite. Un exil qui les mène du Caucase vers la Suisse, et peut-être même jusque sur Sirius, la planète verte, aux pelouses et aux fleurs magnifiques, où l'on cultive la « meilleure herbe du monde », une herbe qui fait voler.

13,00 € l'unité
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Le Cinquième Evangile

Slobodan Šnajder

Pendant la Seconde guerre mondiale, l'écrivain Ilija Jakovljević est détenu à Stara Gradiška, camp n°5 du vaste système concentrationnaire de Jasenovac, édifié par le régime oustacha en Croatie sur le modèle nazi. Il y tient son journal, Un camp de concentration sur la Save, dont Slobodan Šnajder s'inspire pour son écriture. Mettant en scène des faits et des personnages historiques, Le Cinquième Evangile s'ouvre sur une visite touristique à travers les ruines d'un camp de concentration quelque part en Europe, aujourd'hui laissé à l'abandon. Reality show qui se transforme rapidement en jeu de rôles avant de basculer dans l'horreur de l'Histoire. C'est le drame de la peur sans espoir. La gamme très complète, et très complexe, des relations entre les êtres dans l'enfer concentrationnaire, entre ceux qui torturent et assassinent et ceux qui subissent, meurent, ou résistent et survivent.

 

5,00 € l'unité
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Les Descendants

Sedef Ecer

[LIVRE EPUISE - livraison du tirage papier non relié]

Dans un observatoire astronomique, des orphelins de guerre, élevés loin de chez eux, s'interrogent sur leur passé : sont-ils les enfants des victimes ou des bourreaux ? Comment avancer s'ils ne connaissent pas l'histoire qui les a fondés ? Mais est-ce vraiment avancer que de déterrer les secrets du passé ? Et si le meilleur ami se révélait être descendant des ennemis de naguère ? Et pourquoi bâtir une identité sur les combats des générations précédentes ? Mille et une questions traversent la pièce de Sedef Ecer, auteure turque et francophone, qui s'est nourrie des multiples débats et ateliers qu'elle mène depuis des mois ici et là, avec de jeunes comédiens et étudiants arméniens et turcs, allemands et français, ainsi que des rencontres avec des intellectuels et des personnalités de ces pays qui ont été, à un moment de l'Histoire, en conflit avec leur voisin. Les Descendants a été présenté dans la capitale arménienne, Erevan, devant un public qui avait de la peine à cacher son émotion. C'est, en effet, une des rares fois qu'une auteure dramatique turque ose interpeller l'opinion de son pays, à propos d'une tragédie qui pèse lourdement sur son histoire. Les Descendants a été présenté au Théâtre de l'Aquarium en 2012, dans une mise en scène de Bruno Freyssinet.

 

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Une parade de cirque. Anthologie des écritures théâtrales contemporaines de Croatie

Dominique Dolmieu,Miloš Lazin,Nataša Govedić

Sur la rive droite du Danube, le théâtre se transformerait donc presque en un cirque : en parade, en cortège, en défilé, en foire... En piste. Des clowns, perles de la scène croate, aussi nombreux que les îles sur l'Adriatique. Un roi, Gordogane, aussi incontesté qu'ubuesque. De 1915 à 2012, un siècle d'écritures et de projets, seize textes, pour la plupart inédits, au cours desquels on croise un Hamlet au village, une femme enceinte par intermittence, un curé saboteur de préservatifs, un lapin blanc sorti des fourrés, un ours échappé de la bourse du travail... Des encyclopédies comme si on en respirait, des roses qui fleurissent comme du temps perdu. Dans cette anthologie, la première du genre publiée hors de Croatie, Nataša Govedic examine le lien indéniable entre ce pays et son écriture dramatique. Elle détermine une lignée ludique, portée par des héros à la merci des aléas de l'Histoire.

Contient (extraits et textes intégraux) : Le Clown de Kalman Mesarić ; Un aventurier devant la porte de Milan Begović ; La Foire royale de Miroslav Krleža ; Le Roi Gordogane de Radovan Ivšić ; La Représentation de « Hamlet » au village de Mrduša-d’en-bas d’Ivo Brešan ; Le Désert de Ranko Marinković ; Où vont Orphée et Eurydice ? de Tomislav Durbešić ; Le Grand Lapin blanc d’Ivan Vidić ; Les Enfants du curé de Mate Matišić ; Les Piafs – une prison nommée désir de Filip Šovagović ; Aziz ou La Noce qui a sauvé l’Occident de Predrag Lucić ; Ce Lit est trop petit ou Jus te des Fragments de Nina Mitrović ; Excusez-moi, est-ce que je peux vous raconter…? d’Anica Tomić et Jelena Kovačić ; L’Encyclopédie du temps perdu de Slobodan Šnajder ; Respire ! d’Asja Srnec Todorović ; Rose is a rose is a rose is a rose d’Ivana Sajko.

 

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Amalia respire profondément

Alina Nelega

C’est l’histoire d’une fille d’une naïveté un peu suspecte, qui traverse décennie après décennie l’histoire de plomb d’un pays qui peine à sortir de sa « transition ». Toute une vie ballotée entre grotesque et tragique, toute une société mal décidée entre les âges et les choix politiques absurdes. Respirer, profondément, à en devenir plus léger que l’air et se libérer du sol. Un geste vital : l’effort de rester en vie, de survivre dans des conditions irrespirables. Alors le dernier soupir devient un moment libérateur, la délivrance d’un long cauchemar. Dans un style simple et direct, traversé par une poésie intense et noire, Alina Nelega nous emmène entre petites histoires et grande Histoire, dans un jeu permanent entre distanciation et identification, à la recherche d’un nouveau souffle.

 

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La Forêt

Kasëm Trebeshina

Au cours de cette Odyssée contemporaine se joue l’arrivée d’Ulysse au royaume des Phéaciens, des créatures animées par l’esprit de lucre et les apparences du pouvoir, et vivant dans un monde régi par la peur, l’hypocrisie, la bêtise et la corruption des puissants. La quête d’Évandre s’y révèle bientôt impossible ; celui qui ose les questions existentielles est d’emblée catalogué comme un personnage indésirable, dangereux. Sous ses dehors parodiques, La Forêt décrypte les ressorts d’un pouvoir corrompu et totalitaire, mais qui se rend omnipotent par son absence. Nul doute que dans l’écriture de Kasëm Trebeshina le grotesque côtoie le tragique en permanence. Les êtres ravalés au rang d’objet verront-ils des jours meilleurs ? Cesseront-ils d’être prisonniers des lieux où ils habitent et des identités dans lesquelles on les enferme malgré eux ? Le style de La Forêt est alerte, souvent provocateur, toujours étonnant. Inédite dans l’espace francophone, attendue depuis 20 ans, la traduction de cette métaphore de la dictature est un événement.

 

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Avant hier, après demain

Gianina Cărbunariu

Comment dire le monde aujourd’hui ? À plus forte raison, comment parler de celui de demain ? Comment affronter les images du passé et la réalité du présent pour construire un futur envisageable et acceptable ? Ne faut-il pas, pour cela, proposer des réponses imaginaires qui engagent les lecteurs, les acteurs aussi bien que les metteurs en scène ou les spectateurs à s’approprier un matériau proposé sans commentaires, à le modeler, à le modifier pour comprendre ce qui, du passé, semble déjà perdu pour le futur ? Pour mieux nous donner des nouvelles de notre avenir qui pourraient s’apparenter à des présages, Gianina Cărbunariu a travaillé directement avec des comédiens. C’est à partir de leurs propositions qu’elle s’en prend à la structure même du texte dramatique, tout en campant quatre situations hypothétiques censées se dérouler dans le futur et auxquelles font écho des récits réels, des descriptions d’objets contemporains parfois en passe de disparaître, aussi bien que des réflexions sur notre héritage et sur ce que nous pourrons transmettre. Dans le futur, les monologues se chevauchent, les slogans publicitaires se lancent à l’imparfait ou au passé composé, les bars-tabac ont disparu de la circulation, suite d’ailleurs à l’action conjointe, menée à partir des années 2030, par les membres de l’association Mort aux fumeurs et de l’Association des Collaborateurs. Seulement, vous en souvenez-vous ?

 

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Une moisson en hiver. Panorama des écritures théâtrales contemporaines de Biélorussie

Virginie Symaniec,Larissa Guillemet

Que sait-on des écritures dramatiques contemporaines de Biélorussie ou des questionnements qui traversent les oeuvres des jeunes auteurs biélorussianophones et russophones de ce pays ? Dans ce panorama, inédit en son genre, où neuf auteurs nous parlent de la société biélorussienne post-soviétique qu’ils voudraient voir entrer en scène, c’en est fini des jeunes filles courant au ralenti dans les champs de blé vers l’avenir radieux, coiffées d’une couronne de fleurs dans leurs habits blancs brodés de rouge. Point de paysans assujettis ne rêvant jamais d’émancipation sociale ou de héros positifs se sacrifiant pour la collectivité au son de L’Internationale. Finies aussi la langue policée ou les images d’Épinal sur les vertus des sociétés « propres » et bien ordonnées. Désormais, le sexe existe, l’absurdité des rapports sociaux suscite un rire salvateur, le harcèlement moral est enfin dénoncé, les violences physiques sont transcendées en ballets classiques, la jeunesse urbanisée entretient un rapport délirant avec la cueillette des pommes, les personnages en costumes expriment leur malaise devant les plats de champignons qu’on leur sert et c’est à se demander si les moissons ne vont pas finir par se pratiquer en hiver. Dans l’attente, le jeune théâtre biélorussien post-soviétique semble s’être enfin emparé du réel, montrant que ses auteurs ne se posent pas tant des problèmes d’identité que d’humanité.

Contient (textes intégraux) : En route ! d'A.Tchas ; Homo ludens de Timofeï Ilievski ; Un coup de barre sur le pied de Viktar Jyboul ; Schéma-Instruction 0/9 de Dmitri Strotsev ; Pluie en décembre de Pavel Rassolko ; En souvenir d'elle d'Andreï Kareline ; Les Femmes de Bergman de Nikolaï Roudkovski ; Les Vrais d'Andreï Koureïtchik ; La Récolte de Pavel Priajko.

 

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La Guerre au temps de l'amour

Jeton Neziraj

« Il était une fois » un établissement spécialisé dans le traitement des troubles mentaux, métamorphosé en institut de beauté. On y parle ongles, épilation et, naturellement, expériences sentimentales. Quatre femmes évoquent avec autant d’ironie que de réalisme les êtres grotesques, étranges ou fabuleux qu’elles ont rencontrés. Mais le passé refuse de se laisser raconter, et le temps semble circulaire ; comment exorciser les violences vécues ? Au sein de cet asile de beauté, temple de la folie et de la plastique artificielle, métaphore euphorisante de l’industrie de l’embellissement dans le nouveau monde, les personnages de La Guerre au temps de l’amour se débattent avec énergie et obstination pour envisager un après-guerre supportable. Jeton Neziraj propose ici une vision originale de la société kosovare post-yougoslave, où l’intime des êtres amoureux se lie aux évènements historiques récents. Il nous parle de croyances anciennes, de conditionnements profonds, des adaptations hâtives et des espoirs stéréotypés, avec tendresse et acuité, humour et détermination.

 

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